vendredi 17 avril 2026

Très belle critique de "Unabomber" par Mr Mondialisation

 Si on ne devait recommander qu'un seul livre, cette année, ce serait sans doute celui-ci. 

Déjà parce qu'il se dévore, grâce à ces anecdotes bien senties sur l'écoterroriste, comme se qualifier lui-même, UNABOMBER. Ensuite, parce que ce livre est une confrontation nécessaire avec l’une des critiques les plus radicales, et les plus violentes, de la civilisation industrielle. 
 
En fait, en réinterrogeant la pensée d'Unabomber, on ne se penche pas seulement sur le parcours d'un mathématicien devenu ermite terroriste, mais sur la genèse d'une idéologie qui résonne de manière trouble avec les crises contemporaines.
 
Sans nier aucunement les contradictions idéologiques de Kaczynski, ni même sombrer dans l'écofascisme (voir nos articles en commentaire), ce livre révèle une forme de positivité face aux théories effondristes. 
 
Il permet également de comprendre une chose fondamentale : la "pente glissante" de l'idéologie. Comment une analyse de départ qui semble rationnelle (la destruction de la biosphère par l'industrie) peut-elle aboutir logiquement, dans l'esprit d'un individu brillant, à la nécessité du meurtre ? C'est une étude de cas fascinante sur le passage à l'acte. En étudiant Kaczynski, on décrypte comment le nihilisme s'habille de vert pour justifier l'injustifiable. 
 
Un livre qui fait définitivement réfléchir, repenser certains paradigmes, repenser la guerre comme un véritable terrorisme, et qui finit sur une note d'espoir en citant le philosophe Bertrand Russell (qu'on ne citera qu'en partie pour ne pas divulgacher): 
 
" Que dans ce monde, l'affection ait le champ libre, que l'amour y soit purifié de l'instinct de domination, que la cruauté et l'envie fuient devant le bonheur et l'épanouissement sans entrave de tous les instincts qui donnent substance à la vie et la remplissent des joies de l'esprit ! Ce monde est réalisable, il n'attend pour voir le jour que la volonté des hommes." 
 
 



 
Source : https://www.facebook.com/photo?fbid=1466162525541988&set=a.609746997850216 

jeudi 12 mars 2026

Traduction en arabe de L'Inhumanité

 Merci à Mustafa Neseer pour la traduction en arabe de L'Inhumanité (Raisons d'agir, 2024) !

  


jeudi 21 août 2025

mardi 8 juillet 2025

Anticor & Branco contre la corruption d'un système... fondamentalement injuste !

La chasse à la "corruption" est au cœur de Résister à la corruption (Eric Alt et Elise van Beneden, 2022) et Crépuscule (Juan Branco, 2019), deux ouvrages qui présentent le même défaut : une critique superficielle du "système", géré aujourd'hui par des personnes "corrompues", un "système" pourtant fondamentalement inégalitaire et mortifère dès l'origine... En voici une petite lecture critique.

 

 

vendredi 14 mars 2025

Vidéo, The Riddler & L'inhumanité

 Une très bonne analyse du parcours de The Riddler, le tueur en série qui apparait dans le dernier Batman, qui s'appuie sur mon bouquin "L'inhumanité" :

 

 

 

mardi 4 mars 2025

« Rien foutre » (P. Carles) ou imposer à l’Etat sa vision/gestion du travail (B. Friot) ?

 [Ce billet illustre la définition du "travail" donnée par Bernard Friot par la critique de deux documentaires de Pierre Carles, définition qui s'éloigne à la fois du "rejet du travail" (très répandu dans le monde libertaire) et de la défense de la "valeur travail" (qui enthousiasme la droite comme la fausse gauche à la Ruffin ou Roussel)]

Deux documentaires du très bon réalisateur Pierre Carles, Attention danger travail (2003) et Volem rien foutre al païs (2007), traitent de la question du « travail ». Dans le premier, on nous montre les aspects les plus détestables du monde de l’entreprise (recrutement avec propagande patronale, management qui pousse les « collaborateurs » à être le plus productif possible, travail à la chaîne épuisant et démoralisant, etc.) alternant avec des entretiens avec des personnes heureuses d’être au chômage, qui ont renoncé à l’idée de trouver un emploi et ont malgré cela « une vie sociale très riche » (comme l’indique un intervenant). Ce film renforce donc notre détestation du monde du « travail » et notre désir de le fuir. Justement, le second documentaire nous propose des alternatives possibles. On suit des personnes ayant rompu avec le marché du travail, qui peuvent vivre du RMI ou de leur production (élevage ou agriculture). Alors que les forces politiques réactionnaires défendent la « valeur travail », il est tentant de la rejeter, comme le font certains protagonistes du film. Ce qui les amène à une réflexion sur la nature de leurs activités et la distinction entre « travail » et « activité » qui est en réalité un travail non reconnu socialement (c’est-à-dire par l’État)[1], comme l’a été (et l’est encore en partie) le travail domestique assigné généralement aux femmes. Le rejet du « travail » (qui est en réalité le rejet de l’« emploi » dans une entreprise capitaliste) est ambigu : il est à la fois une conquête sur la souveraineté de son travail (on est maître de ce que l'on fait et souhaite produire), mais également une concession faite à la représentation dominante de sa propre activité, qui n’est pas revendiquée ici comme étant un véritable travail. Et ce dernier point ne peut changer qu’à condition de mener une bataille contre l’État (capitaliste) qui décide de façon arbitraire de ce qui relève du « travail » ou pas. Autrement dit, la conquête d’une souveraineté sur son travail doit être menée à un niveau national, afin de changer les représentations[2] et la Loi.

 


 

jeudi 20 février 2025

Une critique sympa de L'inhumanité par "Tata culture" sur Insta


 

Le serial killer fascine et inquiète. Il est la rareté et l’horreur.
 
On veut comprendre son « profil ». Par là, on entend sa psychologie. Parfois, on recherche du côté de la génétique, espérant capter l’essence du « tueur-né ». On s’intéresse à sa mère (de temps en temps un peu à son père). À ses fréquentations, à ses lectures, à ses œuvres fétiches, aux jeux vidéos qu’il affectionne, aux bizarreries qu’il collectionne… La singularité du monstre est là pour dire qu’il ne montre rien d’autre que l’inhumanité. L’absence à la civilisation. La désertion de l’espèce.
 
Et si l’homme asocial avait en réalité tout d’une créature socialement fabriquée? Ou plutôt économiquement façonnée ?
 
La corrélation entre violences économiques et serial killing est insuffisamment inspectée, selon le sociologue Laurent Denave. Pourtant il y a de quoi s’y intéresser quand on observe la trajectoire économico-sociale des serial killers dans le pays qui en produit le plus, les Etats-Unis.
 

dimanche 8 décembre 2024

Conseil lecture Alternative libertaire

Le sociologue Laurent Denave nous livre ici un petit essai aussi original que percutant. Son sujet, les serial-killers. Dans une logique qui est celle qu'a adopté Émile Durkheim pour traiter des causes du suicide, l'auteur cherche à voir quelle est la part du social dans ces meurtres en séries. Tout en se dégageant des réponses psychologisantes et individualisantes. Selon l'auteur, "loin d'exprimer une forme de folie strictement individuelle sans mobile apparent, le meurtre en série est une réponse, aussi rare qu'extrême, à des logiques à l’œuvre dans la société étasunienne".
La monstruosité des serial-killers serait ainsi le reflet de la monstruosité d'une société libérale traversée par des déterminismes sociologiques forts, de l'injustice structurelle qui se manifesterait en retour par une appropriation des corps d'autrui, et principalement des corps féminins. Une lecture stimulante autant que surprenante. 
 
David (UCL, Savoies)
Alternative libertaire, décembre 2024.