Parution de mon livre La valeur des Beatles dont voici la 4e de couverture :
"Peut-on encore prendre le risque de déterminer la qualité, l’originalité
et la valeur politique des chansons du groupe le plus applaudi de
l’histoire du rock ? Tel est le projet de cet ouvrage qui esquisse une
évaluation de l’œuvre des Beatles, suivie d'une analyse sociologique de
la formation et de la carrière des membres du groupe. Cette analyse met
en lumière le lien entre la valeur de
leur production musicale et ses conditions de production. Sont ainsi
examinés l’apprentissage des deux compositeurs principaux du groupe
(Lennon et McCartney), le parcours du combattant pour se faire
connaître, leurs conditions de vie et de travail, les contributions
artistiques de leur producteur George Martin et de leurs compagnes, Yoko
Ono notamment. Il s’agit finalement de répondre aux questions suivantes
: la musique populaire, dans sa forme la plus réussie, et la musique
savante peuvent-elles être d’égale valeur ? L’œuvre des Beatles a-t-elle
marqué l’histoire de la musique occidentale ? Peut-on dire comme le
compositeur et chef d’orchestre Leonard Bernstein : « Les Beatles sont
les Schubert de notre temps » ?"
mercredi 16 novembre 2016
samedi 28 février 2015
Brève histoire de la chanson protestataire aux États-Unis
La production de musique contestataire au sein des classes
populaires est très courante. Les grèves et les
manifestations par exemple sont systématiquement accompagnées de chants. Alors
que la chanson protestataire populaire est le fait de musiciens amateurs, appartenant
souvent à la classe ouvrière et ne tirant nullement profit de leurs chansons, la
chanson protestataire pop (protest song) est produite au contraire par
des musiciens professionnels, rarement issus des classes populaires. La
professionnalisation de la chanson protestataire commence véritablement dans
les années 1940-1950, même s’il y a eu quelques précédents comme la Famille
Hutchinson au XIXe siècle et Woody Guthrie
dans les années 1930-1940. Avant d’évoquer ces professionnels de la chanson
protestataire, nous allons retracer l’histoire de la pratique populaire de
l’écriture de chansons politiques.
mercredi 17 décembre 2014
Minimalisme & néolibéralisme
La musique répétitive : la traduction du néo-libéralisme dans le monde musical ?[1]
Résumé :
S’appuyant
sur l’exemple de la musique dite « répétitive » ou
« minimaliste », cet article vise à montrer les effets produits par
l’intrusion de la logique commerciale dans le monde musical américain depuis la
fin des années 1960. Cette révolution conservatrice dans la création musicale
est indissociablement esthétique et socio-économique. En effet, on peut établir
un lien entre cette production néo-conservatrice, dont les éléments les plus
caractéristiques sont traditionnels, et ses conditions de production,
caractérisées par la dépendance à l’égard du « marché » de la
musique. Pourtant, par un effet d’allodoxia,
la musique répétitive a été très vite considérée comme une production
d’avant-garde et consacrée dans le monde musical (aux États-Unis comme en
Europe). Finalement, la révolution conservatrice dans le monde musical est à
rapprocher du néo-libéralisme dans le champ politique. La thèse soutenue dans
cet article est que la musique répétitive est la traduction, dans le monde
musical, de la logique commerciale également présente au cœur du
néo-libéralisme.
Gamelan & conservatisme
L’internationalisation de la pratique du gamelan & la
révolution conservatrice
à la lumière du cas américain
Résumé :
Comment expliquer l’intérêt soudain pour le gamelan hors d’Indonésie depuis les années 1970 ? Cette pratique musicale s’est tout d’abord diffusée aux États-Unis avant de séduire d’autres pays qui semblent avoir suivi l’exemple américain. La multiplication des ensembles de gamelan s’explique aux États-Unis par la naissance d’un intérêt nouveau pour la « diversité » des cultures du monde (celles de l’Amérique mais aussi celles des autres régions du monde). L’éducation musicale dite « multiculturelle » adoptée depuis une vingtaine d’années offre au public américain un vaste choix d’activités musicales du monde – le gamelan n’étant qu’une pratique parmi d’autres. Cette nouvelle pédagogie est une traduction dans le champ de l’éducation musicale de la révolution conservatrice qui est au principe de toutes les politiques des gouvernements de droite comme de gauche depuis 1973 et qui a pour principal effet l’accentuation profonde des inégalités sociales dans ce pays. Révolution conservatrice qui se propage un peu partout dans le monde depuis une vingtaine d’années.
Comment expliquer l’intérêt soudain pour le gamelan hors d’Indonésie depuis les années 1970 ? Cette pratique musicale s’est tout d’abord diffusée aux États-Unis avant de séduire d’autres pays qui semblent avoir suivi l’exemple américain. La multiplication des ensembles de gamelan s’explique aux États-Unis par la naissance d’un intérêt nouveau pour la « diversité » des cultures du monde (celles de l’Amérique mais aussi celles des autres régions du monde). L’éducation musicale dite « multiculturelle » adoptée depuis une vingtaine d’années offre au public américain un vaste choix d’activités musicales du monde – le gamelan n’étant qu’une pratique parmi d’autres. Cette nouvelle pédagogie est une traduction dans le champ de l’éducation musicale de la révolution conservatrice qui est au principe de toutes les politiques des gouvernements de droite comme de gauche depuis 1973 et qui a pour principal effet l’accentuation profonde des inégalités sociales dans ce pays. Révolution conservatrice qui se propage un peu partout dans le monde depuis une vingtaine d’années.
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